Avant la sortie le 17 mars 2011 du prochain livre que je suis en train de coécrir avec mon amie Nathalie, je souhaite partager avec vous, chers amis lecteurs, mon souffle bleu:

Souffle bleu

En voyageur au cœur d’influences diverses issues de mes multiples apprentissages, je n’oserai pas dépasser ce que mon père m’avait déjà dit : « reste toujours humble et modeste dans la mesure de ton ombre. Tu as besoin de t’épanouir ailleurs, vas-y mais ne nous oublie pas, tu as notre bénédiction et nous penserons toujours à toi ». Il a toujours un sourire joyeux avec ses yeux marrons clairs. De taille moyenne, et un teint clair, quand je pense à mes amis les enfants, je dirai qu’il est couleur chocolat au lait comme moi. Son dynamisme, sa curiosité mesurée, son sens de l’humour m’ont beaucoup appris. Ma plus grande richesse reste l’éducation et l’amour de mes parents. Ma culture familiale est la chose la plus précieuse au monde, fondement de ma spiritualité.

Je suis toujours intrigué par toutes mes découvertes pendant mes nombreux déplacements à travers le monde. Je m’égare souvent mais je me retrouve toujours. Il m’arrive de me trouver dans une situation où il faut faire un choix, me décider. C’est ainsi que je fais des choses que je choisis de faire en assumant toutes les conséquences quels que soient les effets. Porté par une immense volonté d’y arriver, à l’appel d’un avenir meilleur et bien nourri des enseignements du passé, je vis au jour le jour avec les réalités de chaque instant. Car à penser toujours à demain on en oublie parfois de vivre aujourd’hui. J’ai mes préférences mais je fais avec ce que je trouve. Je prends le temps de déguster le bonheur de la découverte des lieux et de leurs habitants à la bonne franquette ou en mangeant un sandwich au thon et aux œufs que j’aurai acheté chez le boulanger de l’endroit que je visite. Une source de fascination, d’où le sentiment étrange de pouvoir regarder chacun des passants comme jouant dans un film où tous sont en action et moi aussi. Ces personnages vivant représentent pour moi de vraies scènes de la réalité sans l’intervention de la fiction. Ils me font aimé la vie et le monde, quelle beauté !

Cette attitude à relativiser et à m’adapter à la réalité je la dois plutôt à mon grand-père et à ma mère qui m’ont très vite appris à être sensible au pire comme au meilleur, donc à moduler mes propres émotions et mes choix. La disparition tragique et mystérieuse de ma mère a été, pour ma famille, très douloureuse et surtout inattendue. Comme quoi on n’est jamais à l’abri d’un fait de Dieu, sa puissance reste incontestable. Notre foi en lui nous a rendus plus fort que jamais. Plus tard, ce fut le tour de mon grand-père maternel et ça a été aussi terrible. Il m’a fallu du temps pour réaliser qu’ils nous ont laissé un héritage inestimable et illimité : une sagesse ou une conduite de vie. Je quittais ainsi le campement pour aller vers les autres à la recherche du savoir. Tout en restant moi-même, je devais creuser mon propre chemin. Animé d’une envie et d’un courage, je me suis battu pour m’effriter une piste et la nécessité de me faire une place parmi les hommes. J’ai donc bouleversé mon mode de vie pour m’adapter aux autres.

Je saisis toujours les opportunités qui s’offrent à moi pour créer des occasions de succès en puisant dans mon imagination, en bousculant mes propres limites. Je fais de ma différence une force et je vais toujours à l’essentiel en me basant sur des expériences précédentes. Pour moi, le relationnel est l’essentiel. J’ai absolument besoin de me nourrir des autres en leur offrant aussi le meilleur de moi-même. Ma première préoccupation c’est l’homme. C’est ma priorité des priorités. De toute façon, il faut en être conscient, la vie est tellement courte et imprévisible qu’on ne sait jamais combien de temps nous est imparti. Nos moyens d’action et nos possibilités sont tellement limités. Comme dit mon père spirituel, Amadou Hampaté BA : « Dans la vie il faut s’accepter différent et se vouloir complémentaire ». Nous sommes nés pour vivre ensemble différents. Alors, acceptons-nous tels que nous sommes et cultivons ensemble notre champ des possibles. Ma vie c’est comme un roman bâti sur une fabuleuse histoire, dont je suis le héros et que je raconte moi-même. Au cœur de cette belle histoire de ma vie il y a l’humain. Tout commence par l’homme et tout finit par lui. C’est le fil conducteur qui me mène d’une rencontre à l’autre. C’est toujours Amadou Hampaté BA qui dit que « la meilleure des connaissances est celle qui mène l’homme vers les hommes. »

Angers (France), le 26 novembre 2010 Moussa Ag Assarid