Je pense aujourd'hui à mon maître Amadou Hampaté Ba dont c'est le 17ème
anniversaire de la disparition de Amadou Hampaté Ba.
Pour savoir qui est l'homme
j'ai trouvé ceci sur Wikipedia: Amadou Hampâté Bâ est né en janvier ou février
1900 ou 1901 à Bandiagara, chef-lieu du pays dogon et ancienne capitale de
l'Empire toucouleur du Macina. Enfant de Hampâté Bâ et de Kadidja Pâté Poullo
Diallo, il est descendant d’une famille peule noble. Après la mort de son père,
il sera adopté par le second époux de sa mère, Tidjani Amadou Ali Thiam, de
l’ethnie toucouleur. Il fréquente d’abord l’école coranique de Tierno Bokar, un
dignitaire de la confrérie tidjaniyya, avant d’être réquisitionné d’office pour
l’école française à Bandiagara puis à Djenné. En 1915, il se sauve pour
rejoindre sa mère à Kati où il reprendra ses études.
En 1921, il refuse d’entrer à l’école normale de Gorée. À titre de punition,
le gouverneur l’affecte à Ouagadougou, en qualité d' « écrivain temporaire
à titre essentiellement précaire et révocable ». De 1922 à 1932, il occupe
plusieurs postes dans l’administration coloniale en Haute-Volta (actuel Burkina
Faso) puis jusqu’en 1942 à Bamako. En 1933, il obtient un congé de 6 mois qu’il
passe auprès de Tierno Bokar, son maître spirituel.
En 1942, il est affecté à l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN) de
Dakar grâce à la bienveillance de son directeur, le professeur Théodore Monod.
Il y effectue des enquêtes ethnologiques et recueille les traditions orales. Il
se consacrera notamment à une recherche de quinze ans qui le mènera à rédiger
« l'Empire peul du Macina ». En 1951, il obtient une bourse de l’UNESCO
lui permettant de se rendre à Paris et de rencontrer les milieux africanistes,
notamment Marcel Griaule.
En 1960, à l’indépendance du Mali, il fonde l’Institut des Sciences Humaines
à Bamako et représente son pays à la conférence générale de l’UNESCO. En 1962,
il est élu membre du Conseil exécutif de l’UNESCO. En 1966, il participe à
l’élaboration d’un système unifié pour la transcription des langues africaines.
En 1970, prend fin son mandat à l’UNESCO.
Amadou Hampâté Bâ se consacre alors entièrement à son travail de recherche
et d’écriture. Les dernières années de sa vie, il les passera à Abidjan à
classer ses archives accumulées durant sa vie sur les traditions orales
d’Afrique de l’ouest ainsi qu’à la rédaction des ses mémoires « Amkoullel
l’enfant peul » et « Oui mon commandant ! » seront publiés après
sa mort le 15 mai 1991.
Quelques citations du sage:
"Croire que sa race, ou sa religion, est seule détentrice de vérité est une
erreur. Certaines vérités ne nous paraissent invraisemblables que, tout
simplement, parce que notre connaissance ne les atteint pas."
"Lorsque j'écris, c'est de la parole couchée sur le papier."
"Le fait de n'avoir pas eu d'écriture n'a jamais privé l’Afrique d'avoir un
passé, une histoire et une culture... "
"L'écriture est une chose et le savoir en est une autre. L'écriture est la
photographie du savoir mais elle n'est pas le savoir lui même. Le savoir est
une lumière qui est en l'homme. Il est l'héritage de tout ce que les ancêtres
ont pu connaître et qu'ils nous transmirent en germe, tout comme le baobab est
contenu en puissance dans sa graine".
" Ce qui est en cause derrière le témoignage lui-même c'est bien la valeur
de l'homme qui témoigne. Or, c'est dans ces sociétés orales que non seulement
la fonction de la mémoire est la plus développée, mais que le lien entre
l'homme et la parole est le plus fort. Là où l'écrit n'existe pas, l'homme est
lié à sa parole, et sa parole témoigne de ce qu'il est."
"Il est peu de choses dans la tradition africaine, qui soient purement
récréatives et gratuites, dépourvue d'une visée éducative ou d'une fonction de
transmission de connaissances ".
"Il faut apprendre à écouter les contes, les enseignements, les légendes, ou
à regarder les objets, à plusieurs niveaux à la fois. C'est cela en réalité,
l'initiation. C'est la connaissance profonde de ce qui est enseigné à travers
les choses, à travers la nature et les apparences. Tout ce qui est enseigne en
une parole muette. La forme est langage. L'être est langage. Tout est
langage."
"Les contes, parole vivante qui nous vient des ancêtres, sont appelés :
le message d'hier, destiné à demain, transmis à travers aujourd'hui. "
"Un conte est un miroir où chacun peut découvrir sa propre image."
"Essayer de comprendre l’Afrique et l’Africain sans l’apport des religions
traditionnelles serait ouvrir une gigantesque armoire vidée de son contenu le
plus précieux. "
"C'est à l'Afrique de parler d'elle, et non aux autres de lui dire qui elle
est. Quand une chèvre est présente, il est ridicule de bêler à sa place. "
"Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur
et étendre ses branches dans les directions de l'espace, un arbre a besoin de
profondes et puissantes racines. "